Enquête pédagogique en Afrique du Sud

Demandez le petit journal d'Ubumi!

RV le 23 mai à la cité des Congrès de Nantes pour une soirée ciné (18h30-21h)

Plus d'info dans la newsletter: cliquez ici pour la télécharger.

Newsletter Ubumi mai 2013 comp

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21 avril 2012

Lettre à la jeunesse européenne

 


55270398_pEdito de Lindy Mtongana, journaliste sud-africaine

Enfant, Lindy Mtongana a connu l’apartheid. Aujourd’hui journaliste à Johannesburg, elle suit d’un oeil inquiet l’actualité européenne et partage ici ce que la montée des extrémismes chez nous lui inspire. Comme une impression de déjà-vu, de déjà-subi même...

« Je me demande s'il existe une émotion qui a influé sur le cours de l'histoire autant que la peur. Tapie dans les pages des chapitres les plus sombres de l'histoire, l'odeur de la peur est perceptible à travers les âges - des croisades à la colonisation, des camps de concentration nazis, aux politiques de la guerre froide.

Mais il est inutile d'en dire plus, puisque je suis sûre que vous êtes conscients du rôle de l'Europe dans ces épisodes passés. Ce qui me surprend, c'est qu'en dépit des dégâts causés par la peur, la posture politique actuelle, dans certaines zones de votre continent, laisse penser que bien peu a été retenu des expériences de vos aïeux.

Ce que je croyais être simplement une peur latente, confinée à l'espace étriqué d'un repère néonazi hideux, semble être en train de tisser sa toile au sein de la sphère politique publique. Un sentiment qui devrait rester derrière les portes des musées est actuellement ressuscité et diffusé sur des tribunes politiques, des bannières et des tee-shirts.

Les hommes politiques ont adopté le langage de la peur de l'Autre. Ces sourds murmures doivent être pris en compte avec précaution et attention, car d'ici peu, comme cela s'est produit en Afrique du Sud, ils se fondront en politique, et s'empareront de vos parlements, vos tribunaux, vos commissariats de police et votre presse. Les piliers sur lesquels vos démocraties s'appuient vont trembler, commençant à pourrir de l'intérieur. Et toute bonne initiative venant de votre pays sera souillée par l'odeur nauséabonde de la peur.

La xénophobie et le racisme deviendront des idées courantes et socialement acceptable ; et avant même que vous ne vous en rendiez compte, vous aurez adopté le langage de la peur. Cela s'est produit, en Afrique du Sud, sous l'apartheid, et cela peut aussi bien se produire dans votre pays. Un grand nombre de Sud-Africains blancs gardent un douloureux sentiment de culpabilité en eux, de par leur complicité dans les horreurs du passé - même si cette complicité ne s'est manifestée que par leur silence. Il est plus facile de prétendre, comme ils le font souvent, qu'ils ne savaient pas que les politiques extrémistes pour lesquelles ils votaient, élection après élection, déchiraient les vies des Sud-Africains noirs, à travers le pays. Admettre cela reviendrait à concéder que les politiques de peur s'étaient installées dans leur maison et leur coeur, et les avaient changés.

Bien que l'Afrique du Sud, après avoir connu le pire, soit revenue sur ses pas, il reste encore beaucoup à faire pour nous débarrasser de la haine qui a consumé ce pays depuis près de cinquante ans, et avant tout de la peur, la peur. Mais comme notre nouvelle constitution le mentionne si merveilleusement "L'Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, unis dans notre diversité." Contrairement à l'Europe, nous avons décidé que nous pouvions vivre ensemble. Nous avons décidé que nous pouvions nous libérer de la peur qui avait inspiré l'apartheid, et lui rendre visite de temps en temps, au musée, où est sa place. »

Traduction de l’anglais par Olivier Tempéreau, interprète. Contact: olivier.tempereau@gmail.com
http://www.wix.com/oliviertempereau/fr

Extrait de la newsletter n°3, mis en ligne à l'occasion des élections présidentielles françaises.

 

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12 novembre 2011

Visitez l'expo avec Ubumi ce dimanche 13 novembre!

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Ce dimanche, venez visiter l'exposition "Réinventer la démocratie ici et là-bas" en compagnie des associations ayant contribué à sa réalisation.

Nous serons évidemment présents et heureux de vous accueillir de 15h à 18h, autour de notre expo "Amandla! La démocratie sud-africaine en action".

On sera au bout du parcours, au 1er étage. Venez nombreux!

Adresse:
Cosmopolis
18, rue Scribe
à Nantes

Plan ici

 

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06 novembre 2011

Ubumi à Cosmopolis jusqu’au 15 novembre

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L’inauguration a eu lieu le 4 novembre. Dans le cadre de la Semaine de la solidarité internationale, l’exposition « Amandla ! La démocratie sud-africaine en action » est désormais visible jusqu’au 15 novembre à Cosmopolis, en plein centre de Nantes. Les expositions qui l’entourent valent aussi largement le détour. Courrez-y !

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Posté par Antoine Gazeau à 16:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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01 novembre 2011

Exposition : Ubumi interroge les Sud-Africains sur leur démocratie

Lewis_et_SylviaComme toutes les belles histoires, ça a commencé un peu par hasard. Ubumi, membre de la Maison des Citoyens du monde (MCM), à Nantes, allait réfléchir avec d’autres bénévoles aux programmes d’animation et d’exposition des Semaines de la solidarité internationale, du 3 au 30 novembre 2011. Le thème de l’année : « La démocratie, ici et là-bas ».

Une idée...

A l’espace Cosmopolis, on causerait d’éducation populaire, de la Tunisie, du forum social de Dakar, etc. Et pourquoi pas d’une jeune démocratie ? Ubumi en connaissait une, à la fois plus vivante, plus authentique et sans doute mieux respectée que celles de la vieille Europe, mais aussi balbutiante et parfois trébuchante. La nouvelle Afrique du Sud n’a pas vingt ans : la plupart de ses habitants sont encore acteurs d’une transition qui s’est tenue chez nous il y a plus de deux siècles. Pourquoi ne pas aller à leur rencontre ? « La démocratie, c’était mieux avant ? Et ce sera comment demain ? Et ça a changé quoi finalement ? » Difficile à monter, mais excitant. Banco. Ubumi allait tenter. La MCM et le réseau Ritimo financeraient. Une expo de onze témoignages trouverait place à l’étage de Cosmopolis, à Nantes (lire ci-dessous).

Un beau travail d'équipe, au-delà des frontières

Pendant plus de trois mois, les téléphones et autres messageries ont chauffé. Coups de fil à différentes personnalités rencontrées à l’occasion de notre dernière mission sud-africaine, voire avant. « Racontez-nous votre 27 avril 1994 (le jour où la majorité des Sud-Africains ont voté pour la première fois)Qu’a changé la démocratie dans votre vie ? Quel avenir pour votre démocratie ? » Universitaires ou simples citoyens, artistes ou militants, tous ont répondu avec entrain. Coups de fil, aussi, à des jeunes Sud-Africains missionnés en reporters pour Ubumi. Ils ont interrogé leurs parents, grands-parents, leur histoire… Coup de cœur, également, pour différents artistes croisés au festival de cinéma de Douarnenez, fin août : ils avaient leur idée sur la question, on leur a tendu le micro… Coup de main, enfin, de plusieurs photographes (Bram Lammers, Lucas Faugère et Tendai Mandimika) et autres traducteurs (Olivier Tempéreau)….

Des résultats variés mais une constante: la démocratie requiert la vigilance citoyenne!

Le résultat est proprement sud-africain : d’une diversité rafraichissante. Le jour J ? Des souvenirs émus, une indifférence relative ou des larmes qui coulent... Ce qu’a changé la démocratie ? Tout et rien, parfois l’inverse… Le discours est loin d’être uniforme, la pensée unique proscrite. Tout se mêle, à l’image d’une nation Arc-en-ciel dont le pays a voulu faire une marque.

Phindile_panneauUn constat : en fonction de l’éducation reçue (très disparate au gré des groupes ethniques dans lesquels l’apartheid rangeait chacun des témoins), l’optimisme exagéré des uns donne le change au scepticisme sévère des autres quant au bilan de deux décennies de démocraties et quant à l’avenir du régime. L’ANC, le parti au pouvoir depuis 1994, se trouve en revanche quasi unanimement stigmatisé. Est-ce à dire que l’Afrique du Sud aborde un virage de sa propre histoire ? Sans aucun doute. Et ce sont eux, Siphokasi, Zackie, Linda, Helen, Carel, Phindile, Lesego, Michael, Jack, Bobby, Thanyani, Lewis et Sylvia qui tournent la page. S’ils nous enseignent une seule chose, c’est celle-ci : jeune ou non, la démocratie suppose vigilance constante et actions.

A découvrir du 4 au 15 novembre 2011, à l’espace Cosmopolis, 18 rue Scribe, à Nantes (Tous les jours, de 14h-18h)

A noter également : mardi 8 novembre, 14h30, café citoyen à la Maison des citoyens du monde (MCM), et dimanche 13 novembre, à partir de 15h, visite de l’exposition en présence des associations ayant contribué à sa réalisation. L’exposition sera ensuite visible à l’Amicale laïque de Couëron, 15 bd Gambetta, du 21 au 25 novembre 2011 (de 9h à 17h).

Pour en savoir plus sur les SSI en loire-Atlantique : www.mcm44.org/spip.php?article27

Posté par Antoine Gazeau à 08:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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