Clap de fin à Douarnenez ce samedi soir. Concert de haute volée, sans doute, à l’image d’un festival qui m’a conquis par son esprit, par la qualité des échanges, la facilité des rencontres… Même les repas sont ici excellents. Il n’en fallait pas davantage : on reviendra. On fera tout pour être présent sur le village des collectifs chaque année, quitte à faire la plonge ou à vider les toilettes sèches le reste du temps en tant que bénévole. Parce qu’on a tout à gagner, ici… En bref, le festival de Douarnenez, c’est :

ambiance

Entente plus que cordiale – La table voisine est peu bruyante mais bien agitée. Conversation engagée sans haussement de ton… Les sourds ont ici plus que droit de cité (comme partout d’ailleurs, en théorie) : initiations aux signes, traduction systématique des conférences et débats, concerts pour sourds, artistes mal entendants, public bien comprenant. Le festivalier en vient ici à jalouser ses congénères sachant « signer ». Frustré de ne pouvoir avoir que des conversations bien limitées, il a envie d’apprendre la langue… Douarnenez prétend être un festival d’ouverture, entend sans doute inspirer. Objectif atteint.

Breizh power – Et si le Français était soudain minoritaire ? Au bar ou autour des tables, on cause zoulou ou anglais, on « signe » ou on échange en breton ! Pas par aspiration folklorique. Par habitude, naturellement. Par militantisme aussi, forcément. Le Breton est une langue vivante, je le savais. Mais à Douarnenez, soudain, je le réalise concrètement. Et allons-y gaiement : je trouve ça émouvant.

Comme quoi… – Entendu au petit coin et lu dans Kezako, la feuille de chou du festival : « Les toilettes sèches, moi, ça me donne soif. »


Stand Antoine


Rencontres –
Toute la semaine, le stand d’Ubumi, comme les autres, est un lieu de discussions et de rencontres. Belles et moins belles, parfois très prometteuses. Les visiteurs sont profs, parents, instits, passionnés d’Afrique du Sud, juste curieux, parfois tout à la fois. Hélène est prof à la fac de Nantes et travaille depuis plus de trois ans sur des échanges épistolaires entre ses étudiants et leurs homologues de Durban : on se reverra. Anne-Cécile travaille dans l’éducation au développement, vit à Quimper mais a passé deux ans au Cap : elle adhère à Ubumi ! Linda a créé Kollam Asie il y a douze ans, elle promène sa malle pédagogique indienne d’école en école, nous abreuve de conseils bienvenus : on se recontactera. Maria m’a hébergé toute la semaine, se réinscrit sur Facebook cette semaine : on restera en contact. Au stand d’Ubumi sont passés des représentants du Cridev de Rennes, du conseil général de Loire-Atlantique, des spécialistes de l’Afrique du Sud comme Anne Dissez ou Jacqueline Derens, figures de la lutte anti-apartheid en France, des artistes ou activistes sud-africains comme Jack Lewis ou Zackie Archmat. Tous, sans exception, se veulent encourageants. « C’est exactement ce que cherchais », s’exclame une prof de Segpa de l’Oise. « C’est exactement ce que j’adore entendre », lui a répondu « l’homme à la malle », comme ont fini par m’appeler les enfants du festival...

Revue de presse – Ah oui et puis ça y’est, Ubumi est connu ! Du moins un peu. A Douarnenez, en tout cas. Kezaco a publié un post repêché sur le présent blog, en le citant évidemment. Votre serviteur et la Mzansi box sont même en photo dans l’édition de vendredi de Ouest-France

Douarnenez, This is the end. Ou pas…

Antoine Gazeau, Douarnenez, pour Ubumi